SCIENCE & FOI 3 : Qu-est-ce que la foi ?

Publié le par ENSEIGNANT

Le mot foi vient du latin fides, fidélité. Littéralement : Engagement que l’on prend d’être fidèle à une promesse. Il ne s’agit donc pas seulement d’une croyance, mais d’un engagement, et de la fidélité à cet engagement. On peut placer sa foi en des idéaux politiques, en des hommes, un système, en l’argent, et même … en la science. Ce qui d’ailleurs n’exclue pas, d’avoir aussi de façon concomitante voire synergique, la foi en Dieu.

Il est intéressant de regarder comment les auteurs biblique comprenaient ce qu’est la foi :

La foi est une manière de posséder déjà ce que l'on espère, un moyen de connaître des réalités que l'on ne voit pas4.

Selon la Bible c’est une possession de ce qu’on espère. C’est quelque chose d’assuré, de garanti. Cette connaissance est-elle dénuée de raison ? Est-elle folle ? Regardons si la foi exclue le raisonnement :

Dans la foi, ils [les prophètes] moururent tous, sans avoir obtenu la réalisation des promesses, mais après les avoir vues et saluées de loin et après s'être reconnus pour étrangers et voyageurs sur la terre. Car ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu'ils sont à la recherche d'une patrie; et s'ils avaient eu dans l'esprit celle dont ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner; en fait, c'est à une patrie meilleure qu'ils aspirent, à une patrie céleste. C'est pourquoi Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu; il leur a, en effet, préparé une ville.

Par la foi, Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac; il offrait le fils unique, alors qu'il avait reçu les promesses et qu'on lui avait dit: C'est par Isaac qu'une descendance te sera assurée. Même un mort, se disait-il, Dieu est capable de le ressusciter; aussi, dans une sorte de préfiguration, il retrouva son fils.5

Les prophètes de la Bible avaient la foi (espérance et fidélité) dans un Dieu créateur de l’univers. Ils aspiraient à une vie moins vaine que la vie biologique longue de quelques misérables années. De ceux là était Abraham. Lorsqu’il est demandé à Abraham de sacrifier son fils, sa foi l’amène à raisonner : si Dieu m’a promis que j’aurai une descendance par Isaac, et que maintenant il me demande de le tuer alors que je ne suis plus en âge d’avoir d’autres enfants, c’est qu’il va le ramener à la vie (c’est à dire le ressusciter). Il doit bien en être capable puisqu’il est Dieu et qu’il a déjà été capable de créer le monde et tout ce qui s’y trouve.

Que l’histoire d’Abraham soit vraie ou non n’a pas d’importance ici6. Ce qui est important de noter ici, c’est que la foi s’appuie sur un raisonnement. Elle n’est pas réservée aux simplets (bien que ceux-ci puissent aussi avoir accès à la foi) ou à ceux qui n’ont plus que ça pour ne pas déprimer.

Et voici que Dieu, sans tenir compte de ces temps d'ignorance, annonce maintenant aux hommes que tous et partout ont à se convertir. Il a en effet fixé un jour où il doit juger le monde avec justice par l'homme qu'il a désigné, comme il en a donné la garantie à tous en le ressuscitant d'entre les morts." Au mot de "résurrection des morts", les uns se moquaient, d'autres déclarèrent: "Nous t'entendrons là-dessus une autre fois." C'est ainsi que Paul les quitta. Certains pourtant s'étaient attachés à lui et étaient devenus croyants: parmi eux il y avait Denys l'Aréopagite, une femme nommée Damaris, et d'autres encore.7

Comme les sciences, la foi se bat contre le sens commun (les idées reçues). Les Aréopagites qui ont entendu le message de l’apôtre Paul parlant de Jésus représentent un panel importante des intellectuels Grecs du premier siècle, car à l’Aréopage d’Athènes l’ont trouvait de grands philosophes helléniques et/ou leurs disciples. Mais ceux-ci avaient une vision de l’univers si figée, qu’il leur était impossible d’imaginer une autre vision du monde. C’est à ce mur d’incompréhension que Paul a dû faire face. Ainsi les grecs furent-ils intéressés par Paul tant que celui ci leur parlait de choses possibles dans leur conception du monde. Dès que cela n’a plus été le cas, ils se sont lassés. Cependant Denys l’Aréopagite, dont on ne connaît pas la sensibilité philosophique initiale, a accepté d’entendre les arguments de l’apôtre. Certainement, les discussions se sont prolongées avec Paul, et cet intellectuel s’est converti au christianisme.

 


Notes

4 Hébreux 11 :1 (traduction TOB)

5 Hébreux 11 : 13-19 (traduction TOB)

6 Tous les savants ne sont pas d’accord sur la véracité du récit concernant les patriarches (Abraham, Isaac et Jacob). Voir par exemple : I. FINKELSTEIN, N.A. SILBERMAN ; « La Bible dévoilée », Editions Fayard, 2002

7 Actes 4 :30-34 (traduction TOB)

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Publié dans Science & Foi

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