1 - En attendant l'Esprit (Ac 1)

Nous allons commencer par le commencement et étudier Actes chapitre 1. C'est un chapitre est un peu différent des autres car il fait le lien entre le ministère de Jésus et le ministère de l'Esprit Saint. Il constitue une transition entre l'évangile de Luc et les reste des Actes..


Ac 1.1a Théophile, j'ai parlé, dans mon premier livre, ...

Il est très probable que le premier livre dont parle l'auteur des Actes est l'Evangile de Luc1 (Lc). En effet Actes fait constamment référence à cet évangile, et nous verrons aussi que la structure littéraire des Actes est liée à celle de Luc. Lc et Ac sont de longueur à peu près identique correspondant chacun avec la longueur d'un rouleau de papyrus de l'époque.


La question de l'auteur

Depuis la deuxième moitié du deuxième siècle (après 150), l'ensemble Lc-Ac a été attribué à un seul auteur. Depuis il y a eu toutes sortes d'hypothèses sur l'auteur des Ac. Mais « Aujourd’hui encore, malgré les différences d’accent théologique, presque tous les commentateurs plaident en faveur d’un seul rédacteur. »2 Mais qui est-il ? Là encore quelques remises en question (par la linguistique, par la correspondance entre épîtres de Paul et Ac...), mais le fait que Luc soit l'auteur des Ac ne fait plus trop de doutes, même chez les plus sceptiques des commentateurs. Ceci est extrêmement important pour la compréhension d'Ac car si Luc l'auteur du 3e évangile, est aussi l'auteur d'Ac, alors la méthode rédactionnelle que Luc décrit en Lc 1.1-4 est aussi valable pour Ac.


On parle de Luc en trois3 occasions dans le NT :

Colossiens 4.14 Luc, le médecin bien-aimé, vous salue, ainsi que Démas.

2Timothée 4.11 Luc est seul avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est fort utile pour le service.

Philémon 23-24 Épaphras, mon compagnon de captivité en Christ-Jésus, te salue, ainsi que Marc, Aristarque, Démas, Luc, mes compagnons d'œuvre.


Sur l'auteur nous connaissons aussi les passages où il parle à la deuxième personne du pluriel, ayant probablement participé personnellement aux passages en question :

Ac 16.10-17 de Troas a Philippes (deuxième voyage missionnaire de Paul)

Ac 20.5-15 + Ac 21.1-18 de Philippes à Jérusalem (troisième voyage missionnaire de Paul)

Ac 27.1 – 28.16 Paul est envoyé prisonnier à Rome

Les théologiens appellent ces passages, « les passages-en-nous ».Traditionnellement ces passages sont lus comme étant le signe d'une participation personnelle de l'auteur dans les événements décrits. Malgré l'évidence ces passages ne cessent de faire débat : plusieurs livres ont été écrits pour tenter de démontrer que l'auteur n'était pas forcément partie prenante des passages-en-nous. Pourtant les commentateurs ont depuis longtemps remarqué la grande précision et les nombreux détails dans les informations transmises.


Seul auteur non juif de la Bible4 Luc n'est pas arrêté en Ac 16.20-21 avec Paul et Silas ; il est cité en dernier en Philémon 24 après une liste de noms juifs.


Il est probable qu'il ait été converti à Antioche ou du moins a-t-il vécu une bonne partie de sa vie dans cette ville car il montre dans ses écrits une bonne connaissance de cette église. De plus il utilise une formule pour le repas du Seigneur en Lc 22.19-20 qui ne provient pas de Mc dont il s'inspire pour son évangile. Cette formule est très proche de celle utilisée par Paul en 1 Cor 11.23-25 que Paul dit avoir reçue de la tradition, lui qui fut formé en grande partie par Barnabas à Antioche.


La question de la date de rédaction

Les dates proposées par les commentateurs vont de 60 à 85. Si Luc a écrit Lc-Ac :

* en 60, il a écrit avant la mort de Paul (entre 64 et 68), et avant la destruction du temple.

* en 85 il écrit après ces deux évènements.


Ceux qui avancent des dates ont tous des arguments :

- Les partisans des années 60 se basent sur le fait que Luc ne mentionne pas ces deux évènements majeurs (Ac 6.14 ?) et qu'il arrête son historiographie alors que Paul est encore en vie, de manière abrupte.

- Les partisans des années 80 se basent sur la théorie bien admise des « deux sources » pour la rédaction des évangiles, qui explique que Luc a utilisé Mc pour écrire son évangile. Or Mc fut écrit très probablement entre 65 et 70. De plus certains indices internes font penser que le temple serait détruit depuis quelques temps lorsque Luc écrit.

Ma position personnelle, susceptible d'évoluer, et qui ne fait que suivre les arguments d'une majorité, est que Lc-Ac fut écrit entre 75 et 80 soit environ 20 ans après l'arrivée de Paul à Rome.


La question des deux éditions : orientale et occidentale

Il existe deux versions du texte des Actes : la version orientale (appelée aussi alexandrine, que l'on a dans nos bibles) plus courte et la version occidentale (dont on parle dans les notes des bibles d'étude) plus longue d'environ 10%. On ne sait pas laquelle est la plus ancienne. Mais la version orientale (plus courte) est celle qui est retenue le plus souvent pour l'étude des Actes.


La question du destinataire

Pour tenter de comprendre l'objectif de Luc, il faut essayer de savoir à qui s'adresse Luc.

Car quand on écrit à quelqu'un on écrit en fonction des destinataires.


Dans l'introduction de son évangile, Luc donne des pistes sur son projet et sa méthode :

Chaque mot peut faire l'objet d'un commentaire ! Jetons un œil à quelques uns : Lc 1.1-4 :


1 Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, 2 tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le commencement en ont été les témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la parole, 3 il m'a semblé bon à moi aussi, après avoir tout recherché exactement depuis les origines, de te l'exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile, 4 afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.


Plusieurs... moi aussi : Luc fait référence à d'autres documents. On sait que Luc connaissait au moins l'Évangile de Marc.

Composer... moi aussi : Ce mot est extrêmement important car il montre que Luc ne s'est pas contenté de récolter des faits, mais ils les a arrangés dans un ordre logique afin de servir un projet éducatif (pour Théophile), avec un objectif, selon une méthode.

Tels que... après avoir tout recherché exactement : souci de vérité, et de qualité de l'information recueillie, de vérification des sources.

Témoins oculaires... devenus serviteurs de la Parole : source majeure. Ceux qui ont vu (Evangile) sont devenus serviteurs de la Parole (Actes). Sauf Judas.

Afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus : c'est le but. Luc va organiser5 son propos dans ce but6.

Excellent Théophile : qui est Théophile ?

- un nom imaginaire (Theo = Dieu, Phile = Aime) « Celui qui aime Dieu » ou « Celui qui est aimé par Dieu »
= tous les chrétiens
= nom de code
= ceux qui cherchent Dieu

- un romain haut placé (très excellent Lc 1.3 = formule révérencieuse destinée aux dignitaires), de plus le style grec est très élégant, utilisé par et pour personnes éduquées, et le genre littéraire mélange « l'historiographie » grecque avec la narration dans le style juif (style de l'Ancien Testament dans la traduction dite Septante).
= pour montrer que les chrétiens sont de bons citoyens
= pour influencer Théophile, afin qu'il devienne chrétien ou parce qu'il avait des doutes (il semble que ce Théophile a déjà reçu un enseignement : Lc 1.4

- un ami de Luc.


On ne sait pas, et cela est une des difficultés pour l'exégèse du texte.


Notre méthode pour étudier Ac ?

Chercher ce que voulait originellement transmettre un auteur biblique, c'est faire de l'exégèse.

Chercher ce que l'Esprit veut nous dire aujourd'hui à travers un texte biblique ancien, c'est faire de l'herméneutique.

Faire de l'exégèse est extrêmement important car on ne peut pas comprendre ce que l'Esprit veut nous dire à nous, sans comprendre ce qu'il a voulu dire à la 1ere génération à qui ce document était destiné.

Autrement dit on ne peut pas faire une bonne herméneutique sans faire de l'exégèse d'abord.

Autrement dit encore, on ne peut pas faire dire à un texte ce que l'auteur n'aurait pas voulu lui faire dire (mais on peut lui faire dire des choses que l'auteur n'a pas cherché à dire mais qui sont en accord avec d'autres passages de la Bible)


Les Actes font partie des récits narratifs de la Bible (comme la Genèse, l'Exode, les Rois et Chroniques, Esdras Néhémie Esther...). Un principe à retenir : Les narrations (dans Ac mais aussi pour l'AT), ne sont pas forcément des modèles à imiter (exemple : David qui a 2 femmes, Jacob qui abuse Esaü, Salomon qui a 700 femmes et 300 concubines, ...).


Ac 1.1b ... de tout ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner,

Objectif de Luc

- Faire le lien avec son premier livre : Luc a un projet

- Montrer que Jésus a vécu son propre enseignement : la Parole de Dieu, ce n'est pas seulement ce que Jésus a dit, mais aussi ce que Jésus a fait.

- Suggérer (à son/ses lecteurs) qu'il faut terminer ce que Jésus a commencé en imitant sa vie.


On sera obligé de recourir souvent à Lc pour comprendre Ac. On a déjà commencé à le faire ! En étudiant le prologue de Lc qui est aussi celui d’Ac. Le thème majeur d'Ac c'est de démontrer que l'Esprit Saint, à travers l'Église, accomplit cette mission de terminer ce que Jésus à commencé (cf Ac 1.8 ci dessous et Ac 2.39)


Ac 1.2-11 - l'ascension

Seuls Marc (un seul verset 16.19) et Luc parlent de l'ascension7, même si les 4 évangiles parlent des apparitions, ainsi que Paul en 1 Cor 15.1-5. Il y a aussi quelques références indirectes Jn 3.13 ; 6.62 ; Ep 4.9s ; 1 Tm 3.16.

Luc en parle à la fin de son évangile et au début des Actes. Mais il en parle de manière un peu différente, ce qui a fait dire qu'il y avait des contradictions entre les deux ouvrages ...

Le récit de l’ascension en Lc 24

Lc 24.51 Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel.

Cette version courte, est précédée de :

- la rencontre entre les femmes venues embaumer le corps de Jésus avec des anges qui leur font comprendre la résurrection. Les apôtres n'y croient pas sauf peut-être Pierre.

- la rencontre entre les disciples d'Emmaüs et Jésus ressuscité

- la rencontre des apôtres avec Jésus ressuscité

Ces apparitions8 ont un but : leur ouvrir l'intelligence pour comprendre les Écritures (v45)

Luc le spécifie à chaque rencontre : les femmes en 6-8, les disciples d'Emmaüs en 27 et les apôtres en 45

Ce qui ouvre l'intelligence, c'est la résurrection (24-25).

Car elle permet de comprendre que la mission de Jésus est parfaitement accomplie selon les Ecritures (44). Il prépare ainsi les disciples à leur propre mission, qui va commencer (47) quand ils seront revêtus de la puissance d'en haut (49)


Dans l'Évangile le temps qui précède l’Ascension n’est pas évoqué ici en termes de durée : c’est un temps d’enseignement et d’explication.


Le récit de l’ascension en Ac 1

Le récit est cohérent avec le récit en Lc. Mais la perspective est légèrement différente : ici le temps est exprimé en terme de durée = 40 jours or 40 jours dans la Bible c'est un temps de préparation et d'attente d'une mission à venir :

- Le déluge dure 40 jours (Gn 7.17)

- Il faut 40 jours aux espions pour explorer la terre promise au temps de Josué (Nb 13.25)

- Moïse passe 40 jours au Sinaï pendant lesquels il écrit le décalogue (Ex 34.28)

- Elie met 40 jours pour se rendre à la grotte sur l'Horeb (1Roi 19.8)

- Jésus passe 40 jours dans le désert pendant lesquels il est tenté (Lc 4.2)


Ces 40 jours vont donc permettre à Jésus de préparer les apôtres à leur mission

- En leur donnant des ordres, par le Saint-Esprit (v2)
* ordres dont on a plus de détails au v4
* ordres spirituels puisqu'ils viennent de l'Esprit-Saint
* nous reparlerons du baptême dans l'Esprit-Saint et de ce verset 5 lorsque nous aborderons la conversion de Corneille en Ac 10 et 11

- En se présentant vivant après avoir souffert (v3)
* en Lc 24.39-43 on a ces preuves

- En leur parlant de ce qui concerne le royaume de Dieu (v3)
* on a plus de détails aux vs 6-8
* le royaume est un thème majeur de Luc


Les préparer à être des « témoins » gr martus (même mot que martyr !)


Jésus se dérobe aux yeux des apôtres. Mais il ne les laisse pas seuls. Il va envoyer l'Esprit.

Les disciples regardent en l'air (leur passé qui s'en va) mais il sont appelés par des hommes en vêtements blancs à regarder vers l'avenir et la tâche qui les attend.


Ac1.8 - Deux clés incontournables de l'exégèse et de l'herméneutique d'Ac

Luc reprend une parole de Jésus pour expliquer :

- le sens de son livre (pourquoi j'écris)

- le plan de son livre (comment j'écris/compose)

Luc veut qu'on sache que c'est Jésus qui est à l'origine de l'histoire qui va suivre.


Tout le livre des Actes est résumé dans cette prophétie qu'on va voir s'accomplir au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture des Actes. Ce verset contient les clés de l'exégèse du livre :

La première clé : Ac est Lc à l'envers :

- Lc = de Galilée à Jérusalem (en Lc Jérusalem = l'arrivée ex Lc 9.51, 13.33) = l'amour de Dieu pour les hommes

- Ac = de Jérusalem vers les Gentils (jusqu'à Rome) (en Ac Jérusalem = départ : de l'histoire, de voyages, de décisions... ex Ac 1.4, 8) = l'amour des hommes pour Dieu


Les Actes sont pleins de références à ce qui a déjà été dit dans Luc. Les rapprochements sont très faciles à faire.


La deuxième clé : Luc veut décrire l'expansion de l'Evangile à partir des témoins sous l'influence de l'Esprit Saint. On aurait pu appeler ce livre « Les actes de l'Esprit Saint ». C'est le thème majeur de Luc à garder en mémoire tout au long de notre étude.


Questions d'herméneutique :

1/ Cette mission nous concerne-t-elle ou ne concernait-elle que les apôtres ? Si on s'arrête à Ac 1 on dirait que oui. Si on ne garde que Mt 28 également. La réponse sera donnée dans les Ac un peu plus loin (Ac 8.4)


2/ Quelle est notre mission aujourd'hui ?

a/ La mission ne doit pas devenir l'omission !

b/ La sagesse de Dieu nous montre comment procéder : Jérusalem puis Judée puis Samarie puis les extrémités de la terre (exemple : Lyon puis Rhône Nord puis Rhône-Alpes puis France...)

c/ C'est passionnant d'envisager que l'Esprit et nous, sommes les instruments pour changer le monde : Dieu veut le faire avec nous, nous ne pouvons le faire sans Dieu. Nous sommes en train de construire qq chose avec Dieu.


Ac 1.13-14 – La communauté persévère dans la prière

Il cite les apôtres, les femmes et Marie pour montrer leur fidélité en contraste avec Judas dont il va parler juste après. Il montre ainsi la continuité avec l'Evangile:

-Marie a connut la jeunesse de Jésus (dont on ne sait pas grand chose)

- Les apôtres sont bien 11. Les mêmes qu'en Lc 6.14-16. Il ont connu le ministère public de Jésus

- Les femmes ont participé à l'ensevelissement et ont été les premières témoins de la résurrection (le tombeau vide Lc 23.55 à 24.10).


Herméneutique

- Ils persévéraient dans la prière = un grand thème d'Ac
La préparation à la mission de témoin de Jésus passe par deux choses importantes :
* l'enseignement (c'est ce que Jésus fait avant l'ascension) et
* la prière (c'est ce que font les apôtres avant la pentecôte).

Cela est encore plus évident si on compare ce verset avec Ac 2.42 où il est aussi dit que les apôtres (et les nouveaux disciples) persévéraient dans la prière et dans l'enseignement.

- Si le livre des Actes fut écrit dans les années 80, Ac 1.14 est chronologiquement la dernière mention de Marie dans les documents du Nouveau Testament. On le voit, Marie n'occupait pas les esprits des chrétiens comme il peut l'occuper parfois.


Ac 1.15 – Pierre est tranformé

Luc montre Pierre qui prend le leadership

C'est Pierre qui prend la parole, comme il le fera en Ac 2 selon Lc 22.32.

C'est Pierre qui sera l'objet de l'attention de la première moitié des Ac.

Étudier la transformation de Pierre entre les évangiles et Actes équivaut à une étude sur la repentance


Ac 1.16-19 – La mort de Judas

Pour en savoir plus sur la mort de Judas il faut Mt 27.3.10 : Il s'est suicidé (comme Ahitopel en 2 Samuel 17.23) et sa mort ressemble aussi à celle d'Antiochus IV Epiphane9


S'agit-il de punition ou de rétribution ? Luc veut nous faire comprendre ce à quoi conduit la « non repentance » (cf aussi Lc 13.1-6, et Ananias et Saphira).


Ac 1.20-26 - Le remplacement de Judas

Les Écritures doivent éclairer nos décisions (v20)


Luc montre les qualifications d'un apôtre : un homme qui a accompagné le groupe de Jésus tout le temps depuis le baptême de Jean jusqu'au au jour où il fut enlevé (=ascension, sinon il ne peut pas être Témoin de la résurrection)


Pourtant en Ac 14, par deux fois Barnabas et Paul seront appelés apôtres. On reverra cela lorsqu'on atteindra le début du ministère de Paul.

Matthias n'a pas un intérêt fondamental pour nous. Peut-être était il connu par les lecteurs de Luc ? Ce qui compte c'est que les douze sont bien douze, le nouvel Israël peut commencer. Les douze ne seront pas remplacés (mort de Jacques en Ac 12).


Conclusion

Luc décrit un « mouvement » initié par l'Esprit Saint.

Un « mouvement » joyeux, triomphant, surmontant les obstacles internes et externes pour faire progresser l'Evangile du monde juif vers le monde païen et qui résulte en de nombreuses conversions (vies changées) et en de nombreuses communautés locales.


Quand on lit les Actes on a envie de chanter « Oh when the Saints go marchin' on, Oh yes I want to be in that number! ».

 

 


Notes

1  Dans ce document écrit nous abrégerons « livre des Actes » par Ac et « Evangile de Luc » par Lc. Quand nous utilisons Luc en entier, il s'agit de l'auteur et non de l'évangile.

2  Hervé Ponsot, dominicain, membre de l'Ecole Biblique de Jérusalem, spécialiste de Paul

3  Philémon est la plus vieille des 3, Colossiens et 2Timothée parmi les plus tardives des lettres de (attribuées à) Paul.

4  Il écrit d'ailleurs à lui seul presque un quart du Nouveau Testament.

5  « On en conclura avec raison, et l’on montrera souvent par la suite, que Luc ne vise pas d’abord à faire œuvre chronologique. B. Witherington, The Acts of the Apostles : A Socio-Rhetorical Commentary, Eerdmans, Carlisle, 1998, écrit par exemple : « Le principe d’ordre choisi par Luc n’est que secondairement la chronologie. En premier, le principe d’organisation choisi est par région, et groupe ethnique ou sociologique » (p. 368). Mais on aurait tout à fait tort d’en déduire que Luc n’a pas fait du coup œuvre historique : le principe catéchétique que je préfère à ceux évoqués par Witherington ne conduit pas Luc à inventer ou refaire l’histoire. » Hervé PONSOT

6  Ce but avoué a souvent fait dire à divers commentateurs que Luc n'était pas vraiment honnête avec l'histoire et qu'il cherchait en quelque sorte à manipuler son (ses) lecteur(s). Luc en réalité est clair sur son objectif dès le début afin de ne surprendre personne : il cherche à faire de l'apologétique et il ne s'en excuse pas. De là à la traiter de faussaire c'est un pas souvent trop vite franchi.

7  Il y a déjà des ascensions dans l'Ancien Testament comparables à celle de Jésus : Elie en 2R 2.11, Enoch (Gn 5.24 et Hb 11.5)

8  Il ne s'agit pas d'apparition au sens ou Jésus est apparu à Paul, mais Jésus se rend présent physiquement : il rompt le pain avec les disciples d'Emmaüs (v30), il montre ses mains et ses pieds meurtris aux apôtres (v39) il mange (v41-43).

9  C'était un roi Séleucide un peu fou, descendant d'un général d'Alexandre le Grand. Il régna sur le royaume Séleucide entre 175 et 163 av JC. Sa mort est décrite dans le 2e livre des Macchabées. Sa mort ressemble à celle de Judas. Luc a, de toute évidence, fait le lien. Antiochus Epiphane IV est un fanatique de l'hellénisation, en -168 il installe un autel du dieu Baal Shamen dans le temple de Jérusalem, détruit les murailles de la ville et, dans un édit de décembre -167, ordonne d'offrir des porcs en holocauste, il interdit aussi la circoncision. Alors qu'il doit partir en guerre pour sécuriser une des frontières de son royaume, va éclater la révolte des Macchabées qui permettra aux juifs de rétablir le temple.

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