SCIENCE & FOI 2 : Qu'est-ce que la science ?
La méthode expérimentale est la méthode scientifique par excellence : on observe ou on expérimente, et de l’observation on déduit des conclusions voire des lois, en utilisant un raisonnement logique. Ce qui est important, ce n’est pas le raisonnement seulement mais l’observation ou l'expérience (provoquée ou non) suivie ou précédée d’un raisonnement. Il faut donc à la fois de la connaissance, une observation (ou expérience) et un raisonnement pour être scientifique.
Parfois le savant anticipe sur l’expérience et l’expérience lui donne raison ou tort. Ainsi, de 1948 à 1964 plusieurs astrophysiciens travaillant dans des équipes différentes (1 américaine, 1 russe, et 1 anglaise) avaient prédit l’existence d’un résidu d’onde radio que l’on devrait pouvoir mesurer partout dans l’espace (et donc de la terre aussi). Pour leurs calculs ils se basaient sur la théorie du Big bang. En 1965 des physiciens américains découvrirent un fond de rayonnement cosmique à 3°K présent en tout point de l’univers. Ils avaient découvert expérimentalement ce que des théoriciens avaient prédit.
Mais cela suffit-il ? Non. Il manque encore une chose : la notion de fidélité. En effet, si l’on désire définir des lois qui régissent des phénomènes, encore faut-il que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Ainsi une expérience répétée plusieurs fois doit donner les mêmes résultats si l’on veut définir une loi. Une théorie scientifique doit donc être vérifiable. Si elle ne l’est pas, elle doit se fonder sur des preuves réelles. Lorsque la théorie est vérifiée, ou que ses fondements ne peuvent pas être critiqués, alors, elle devient une sorte de loi que l’on peut utiliser pour aller un peu plus loin.
Ensuite il reste un piège a éviter : les idées préconçues. Elles relèvent soit de l’idéologie, soit de l’habitude (l’évidence du monde quotidien) et souvent des deux. En effet les habitudes et l’idéologie sont un héritage qui structure notre façon de penser. C’est ce qui explique que la physique galiléenne héliocentrique (la terre tourne autour du soleil) fut si difficile à accepter après des siècles et des siècles de physique aristotélicienne ethnocentrique (la terre est le centre de l’univers). L’ensemble idéologie-habitude correspond dans une société à ce qu’on appelle le sens commun ou les idées préconçues. Et en général une science se construit par rupture avec le sens commun. Par exemple : pendant longtemps, le sens commun a fait dire que le soleil tourne autour de la Terre. Et il a fallu beaucoup de temps et d’énergie pour que l’idée que la Terre tourne autour du soleil s’impose (alors qu’elle a toujours été vraie). On est alors passé de l’astrologie à l’astronomie. La première n’est pas une science, la seconde en est une.
En résumé une science est l’œuvre conjointe de la connaissance (ce qui a été fait avant, en évitant le piège des opinions), de la raison et de l’expérience (reproductible). Une science n’est plus science dès lors qu’elle écoute des préférences, des opinions, des volontés, des préjugés, des idéologies. Il faut se méfier de ce qui garde l’aspect extérieur de la science mais en renie la vérité.